Immersion familiale dans l’univers de la joaillerie
Entre 2018 et 2021, j’installe mon bureau au sein de l’atelier Griffon Joailliers. Raphaël Griffon, mon cousin germain, dirige cette maison familiale, située au 8 rue du Roi Albert à Nantes. Il perpétue ainsi une tradition familiale où l’art de la joaillerie se transmet de génération en génération.
Mon arrière-grand-père, joaillier chez Cartier avant la guerre, a transmis sa vocation à mon grand-père. Je ne l’ai malheureusement jamais connu, décédé trop tôt d’un infarctus. Joaillier / horloger réputé sur la place nantaise, son métier a séduit mon oncle, puis son fils Raphaël, qui continue d’exercer cet discipline artistique avec passion.
Cet univers, à la fois créatif et familial, a nourri mon regard. Plongé dans cet univers, j’ai écrit deux livres documentaires sur l’extraction des matières précieuses. Et puis, je me suis perfectionné sur la photo de joaillerie. Chaque bijou, façonné sur mesure, passait de leurs mains à mon objectif. Plus qu’une simple photo, il s’agissait de révéler l’âme de la création.
Les défis techniques de la photo de joaillerie
La photo de joaillerie est un art de la précision, où chaque détail compte. La macro-photographie ne pardonne rien : la moindre poussière devient omniprésente, la plus fine trace de doigt se révèle sous l’objectif. Impossible d’improviser, maîtriser sa technique exige beaucoup de répétitions. Pour manipuler les bijoux sans les marquer, je portais toujours des gants en soie. Un combat permanent contre l’invisible.
Travailler la lumière en joaillerie est un jeu d’équilibre. Dirigée subtilement, elle doit caresser le métal sans l’écraser, révéler les facettes des pierres sans les dénaturer. Le moindre reflet parasite peut tout gâcher. Chaque angle compte, chaque ajustement est décisif.
Finalement, la matière première créée en prise de vues se révèle en post-production. J’ajuste chaque nuance, restitue fidèlement l’éclat du métal, et m’assure de la justesse des teintes. Rien n’est laissé au hasard. Il faut de la patience, un œil affûté et une expertise pointue en colorimétrie.
Une expérience formatrice la photo de produits
Durant ces trois ans, j’ai affiné mon œil et ma maîtrise technique, façonné par une discipline où l’excellence ne tolère aucun compromis. Cette exigence nous sert aujourd’hui dans d’autres domaines, comme la photographie culinaire, où la gestion du temps apporte une difficulté supplémentaire.
Pour finir, je pense qu’une photographie aboutie naît d’une collaboration fluide avec notre client. Notre métier est de traduire sa vision et restituer fidèlement son univers à travers ses produits.